Les évadés d' Août 1942

 

La première tentative d' évasion fut l' oeuvre d' un Allemand, au début de 1942. Il fut malheureusement repris deux jours plus tard et ne put être pendu car il mourut sous les coups.

Cinq autre eurent plus de chance en Août suivant : un Allemand, un Autrichien, un Tchèque, un Polonais et l' Alsacien Martin WINTERBERGER. Leur tentative eut lieu depuis l' ancien camp, près de l' hôtel, où ils travaillaient tous les cinq dans divers kommandos.

Il avaient bien préparé leur coup. Un coup audacieux, rocambolesque même: un jour, une auto, avec deux officier S.S. sur la banquette avant, sort du garage qui avait été installé là. Un coup de klaxon et la sentinelle se précipite pour lever la barrière de la porte de sorti du camp, salue militairement le chauffeur qui lui répond d' un geste de la main. Et voilà les cinq détenus - car ce sont eux - qui fuient le Struthof à toute vapeur, sur les routes d' Alsace.

Le surlendemain, ayant été contraints d' abandonner leur véhicule, ils sont à cinquante kilomètres de là, dans la nature, du côté de Saint-Léonard, sur la route de Saint-Dié, en direction du Sud. La partie semble gagnée pour eux.

L' Allemand préfère toutefois se diriger sur la Suisse et quitte ses camarades. Repris dans la région de Delle, ramené au camp, il y sera pendu au début de novembre. Les quatre autres continueront leur belle et dangereuse aventure, traversant notamment la Haute-Saône et le Jura, pour gagner Lyon et ensuite Perpignan, non sans rencontrer de nombreuses difficultés. Pour enfin, via  l' Espagne, rejoindre qui le Maroc, qui Londres, et s' engager dans les Armées alliées, plus motivés que jamais.

 

Les documents utilisés pour établir ces témoignages sont les suivants:

Schaef: dossier transmis le 12 janvier 1945 par le Major G. Shapp; dossier transmis le 2 mars 1945 par le Major G. Shapp.
Rapport du Chef d'escadron Pavart, en date du 1er
février 1945.
Rapport d'un fonctionnaire du ministère de l'Intérieur, en date du 31 janvier 1945.
Rapport du docteur Rislter, en date du 15 mars 1945.
Rapport du secrétaire général de la Police pour le Bas-Rhin et le Haut-Rhin,
en date du 26 février 1945.
Déclaration signée de M. Sylvain Zanetti, en date du 20 décembre 1944,
qui reçu les confidences d'un SS du camp de Struthof durant l'occupation.
Déclaration signée de Léopold Steiner, voiturier du camp de Struthof durant l'occupation.
. Déclaration signée de Ernest Idouz, fermier à Struthof.
Déclaration d'Herbelin Louis, domicilié au Havre, évadé d'Allemagne,
qui travailla comme prisonnier au camp de Struthof.
Déclaration reçue le 21 janvier, à 14 heures, par le lieutenant Day,
au 5
e bureau de l'état-major de la 1re Division française libre.
Déclaration signée de Schanger Albert, chauffeur au camp de Struthof, demeurant à Natzwiller, datée du 22 janvier 1945.
Déposition en date du 22 janvier 1945, de Jean Ehrardt, ancien gardien
au camp de Struthof.
Rapport en date du 24 mars, du chef du SR du FN (région d'Alsace) Robert Baillard, relatant l'audition du témoin Martin Winterberger, ancien détenu
de Struthof, évadé en août 1942, actuellement à la 1re
DFL.
Déclaration de M
elle Edith Schmidt, assistante du docteur von Haagen,
signée du 9 janvier 1945.
L'Enfer d'Alsace: Un guide-témoignage d'Eugène MARLOT - Matricul 6149

Leçons de ténébre:  Edition Plon

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